que faire en cas de violences ?

Comment savoir s’il s’agit de violences conjugales ?


Lorsque l’on ne se sent pas bien dans son couple, cela veut dire qu’il y a un problème. C’est important de se faire confiance là-dessus. Souvent, il peut s’agir de violences conjugales, même s’il peut être difficile de l’admettre. 

Ces violences peuvent être très différentes, car selon les couples, elles prennent des formes variées. On pense souvent que pour qu’il s’agisse de violences conjugales, il faut qu’il y ait des coups, mais ce n’est pas le cas dans la majorité des situations.

Nous genrons ici les auteurs de violences volontairement au masculin pour des questions de violences masculines massives. Néanmoins, nous reconnaissons et validons le fait que les violences existent dans tous les couples, notamment gays et lesbiens.
Accueillant en non-mixité, les femmes de toutes orientations sexuelles et amoureuses sont les bienvenues dans nos associations.

Quels sont les différents types de violences conjugales ? 
  • Violences psychologiques : je me sens humiliée, méprisée ou infantilisée, il me fait du chantage, il m’interdit de voir mes ami.e.s ou ma famille, m’interdit de sortir, il menace de casser des objets auxquels je tiens, il menace de faire du mal à mon animal de compagnie, il me menace de mort, ou il menace de se suicider, etc.
  • Violences verbales : il m’insulte, il crie, ou chuchote de manière menaçante, de vive voix, ou par SMS et au téléphone, etc.
  • Violences sexuelles : il m’impose des rapports sexuels ou certaines pratiques, il nous filme sans mon accord, et diffuse des photos intimes, il me touche sans mon consentement, etc.
  • Violences économiques : il m’empêche d’avoir accès à mes ressources financières (CAF, salaire, etc.), il m’empêche de travailler, ou au contraire, il m’y oblige, il contrôle toutes les dépenses, il utilise tout mon argent, etc. 
  • Violences administratives : je n’ai pas accès à mes papiers d’identité, il détourne mon courrier, il m’empêche de faire mes demandes de titre de séjour, il m’a fait mettre sous tutelle de manière abusive, etc. 
  • Violences médicales et médicamenteuses : il m’empêche d’aller consulter un médecin, d’avoir accès à mes médicaments, il me force à prendre des neuroleptiques, il me prive de l’aide dont j’ai besoin au quotidien, etc.
  • Violences physiques : il conduit dangereusement, me crache au visage, me gifle, me donne des coups, tente de m’étrangler, m’enferme dans le logement ou dans une pièce, me menace avec une arme, etc.
  • Cyberviolences : il contrôle ou m’empêche d’avoir accès à mes messageries diverses (mails, sms, whatsapp, etc.), il contrôle mes appels, il demande aux enfants d’envoyer des informations sur moi, sur mes activités, mon emploi du temps et/ou ma localisation, j’ai l’impression qu’il entend toutes mes conversations et connait le détail de tout ce que je dis par mon téléphone, etc.

La différence entre un couple conflictuel et un couple où il y a des violences conjugales, c’est le rapport de pouvoir qui s’installe. S’il y a des violences, l’un des partenaires utilise cette violence pour contrôler l’autre. Les faits ne sont pas isolés, ils se multiplient au fur et à mesure, mais sont entrecoupés de moments d’accalmie. L’auteur des violences instaure un climat de peur, et c’est toujours lui qui impose sa vision des choses ou son avis lorsqu’il y a une dispute. 

Pour savoir si l’on vit des violences conjugales, on peut aussi se poser quelques questions : est-ce que j’ai peur de mon partenaire ? Est-ce que je modifie souvent mon comportement pour éviter qu’il ne soit en colère ? Est-ce que je peux exprimer les difficultés que je ressens librement et être écoutée ? 

Il n’y a pas d’âge pour vivre des violences conjugales, cela peut se passer dans un couple d’adolescents, comme dans un couple marié depuis plus de 20 ans. Dans tous les cas, ce n’est jamais la personne qui les subit qui est responsable, mais bien, toujours, son agresseur. 

C’est tout à fait normal d’avoir l’impression de n’avoir personne à qui en parler, c’est pour cela que les associations du réseau Solidarité Femmes sont à votre disposition pour en discuter, et évaluer avec vous la situation pour vous proposer des solutions.
Vous pouvez vous connecter sur le tchat de l’association En avant toute(s) sur www.commentonsaime.fr, ou appeler le numéro national 3919, où vous serez écouté.e.s et redirigé.e.s vers l’association qui vous correspond, si vous le souhaitez.
Vous pouvez également contacter directement la ligne d’écoute de votre association locale.


pour se faire accompagner d’une association


Je suis témoin de violences conjugales


Il est possible, voire très probable, que des femmes de votre entourage vivent des violences dans leur couple. Si vous avez des doutes, vous pouvez faire attention à quelques signes : 

Si cette personne est une de vos proches :

  • malgré vos propositions, vous vous voyez de moins en moins, 
  • elle est systématiquement accompagnée de son conjoint lorsque vous vous voyez, alors que ce n’était pas son habitude,
  • lorsque vous la voyez en compagnie de son compagnon, elle est plus discrète que lorsqu’elle est seule, elle parle peu, ou lorsqu’elle parle, il lui coupe souvent la parole,
  • son apparence physique a changé (par exemple, elle a modifié sa manière de se maquiller et/ou de s’habiller),
  • elle a, depuis quelques temps, des problèmes d’anxiété, de sommeil (fatigue apparente, mention de sa part d’insomnies ou de cauchemars), du comportement alimentaire 
  • elle a du mal à canaliser ses émotions (colère, tristesse, honte, culpabilité, etc.)
  • vous voyez qu’elle a de plus en plus de difficultés de concentration,
  • vous avez du mal à reconnaître la personne qu’elle était avant qu’elle se mette avec son compagnon,
  • elle excuse souvent son compagnon par rapport à des mauvais comportements vis-à-vis d’elle,
  • elle et son compagnon se sont quitté.e.s et remis.e.s ensemble à de nombreuses reprises,
  • vous trouvez que son compagnon la traite mal.

Au delà de vos connaissances directes, d’autres faisceaux d’indices peuvent également interpeller, par exemple :

  • vous entendez régulièrement des cris, ou des disputes qui semblent violentes dans les logements qui vous entourent,
  • vous assistez à une scène de violences qui se produit dans un couple dans l’espace public, ou dans un espace collectif.

Sachez que tous les dispositifs à destination des victimes de violences conjugales sont également ouverts aux témoins. Vous pouvez contacter les différents dispositifs d’écoute, comme le 3919 ou le tchat www.commentonsaime.fr, pour parler de vos doutes, et discuter avec elles de ce qu’il y a de mieux à faire, sans mettre en danger, ni la femme vivant ces violences, ni vous. 

Que faire pour la personne qui vit les violences ? 

Lorsqu’on réalise qu’une personne vit des violences conjugales autour de nous, on peut avoir envie d’agir tout de suite pour mettre fin à cette situation. Cependant, il est important de prendre en compte les besoins et le vécu de la personne qui les vit. On ne peut rien faire à sa place. En la brusquant, on risque simplement de perdre sa confiance et peut-être même de la mettre en danger sans le réaliser. 

Il est très important de ne pas juger ses choix et ses décisions, et de savoir gérer son sentiment de frustration. On ne peut pas la pousser à agir ni le faire à sa place. En revanche, on peut la soutenir lorsqu’elle agit, même si ce n’est pas forcément comme ça que vous l’auriez fait. 

Lorsque l’on parle avec elle des violences, il est peu utile d’accabler le conjoint violent. Vous risquez uniquement de mettre la personne dans une situation où elle le défendra, l’empêchant justement d’exprimer ce qu’elle ressent et de travailler sur la culpabilité que ces violences lui font ressentir, alors qu’elle n’en est pas responsable. 

Il faut penser à ne pas lui ajouter de culpabilité, à ne pas donner l’impression qu’elle vous déçoit, afin qu’elle sache qu’elle peut à tout moment décider de lancer des démarches et trouver votre soutien. 

Pensez à lui transmettre des informations sur les associations à proximité, ou sur les dispositifs nationaux comme le numéro 3919, ou le tchat commentonsaime.fr . 

Il est important de suivre le rythme de la victime, d’être là quand elle a besoin de parler des violences et de ses difficultés, mais aussi de respecter les moments où cela se passe bien. Quand elle se sent bien dans sa relation, ce n’est pas le moment de lui rappeler toutes ses difficultés. Elle pourrait le ressentir comme du jugement et ne pas oser vous en parler lorsque cela ira moins bien. 

Toutes ses étapes peuvent être frustrantes, on peut finir par avoir l’impression qu’elle reste par complaisance, ne pas comprendre pourquoi elle retourne auprès de lui après une séparation, pourquoi elle ne veut pas lancer telle ou telle démarche. Et c’est normal : l’emprise de l’agresseur est forte et il est difficile de se rendre compte de son ampleur lorsque l’on est extérieur.e à la relation. Il est important cependant de ne pas exprimer cette frustration à la personne : ce serait la rendre responsable de sa situation, alors que ce n’est pas le cas. Cela peut être lourd, aussi, à porter. Sachez que c’est normal, accompagner les femmes victimes de violences, c’est un métier, le nôtre. Vous pouvez lui apporter votre soutien, mais ce n’est pas à vous de la prendre en charge. Nos associations sont là pour vous soutenir dans ces démarches, mais également pour prendre le relais. 

Si je connais aussi son agresseur, comment me comporter avec lui ?

Une fois que l’on a repéré des violences dans un couple, il peut être difficile de savoir comment se comporter avec l’agresseur. L’important est d’abord de ne pas se mettre en danger, mais également de penser aux conséquences de ce que vous pourriez faire pour la femme qui vit ses violences, une fois qu’elle sera seule avec son agresseur. 

Confronter l’agresseur n’est pas forcément une bonne solution. En effet, cela risque de retomber sur la victime à la première occasion. S’il vous identifie comme un réel soutien pour sa conjointe, et donc comme un danger pour lui, il risque également de lui demander de couper les ponts avec vous.

Souvent, les agresseurs recrutent des allié.e.s dans leur entourage, des personnes sur lesquelles il s’appuie pour faire passer des messages violents à leur compagne, pour leur donner l’impression qu’elles sont seules et responsables de ces violences. Ces personnes ne s’en rendent pas forcément compte. Il est donc important d’essayer de ne pas être un appui pour l’agresseur. Par exemple, lorsque l’agresseur s’appuie sur le groupe pour faire des blagues qui tendent à humilier sa partenaire, vous pouvez signifier que vous ne trouvez pas cela drôle, lui demander d’expliquer pour que vous puissiez rire vous aussi, etc. 

Il est important, dans votre comportement, de montrer à la victime que vous n’êtes pas un appui pour son agresseur, que vous n’êtes pas dupes et qu’elle peut trouver du soutien auprès de vous.

En cas d’urgence, appelez d’abord la police ou les autres services d’urgence. 

Tous les dispositifs (lignes d’écoute, tchat internet, etc.) à destination des personnes vivant des violences conjugales sont aussi ouverts aux témoins. Les professionnelles pourront répondre à vos questions et vous donner des conseils sur comment agir, sans mettre en danger ni la victime, ni vous.